On voit souvent des indications de poids sur les lettres, et des affranchissements ou des taxes en conséquence. C'est bien normal puisque le tarif des lettres varie selon des échelons de poids. Il en est de même pour les imprimés, les échantillons, etc.
Par contre, voir une carte postale pesée et taxée pour un excès de poids, c'est nettement plus rare me semble-t-il.
En voici un exemple:
Carte postale par avion de Toulon pour Israël, du 31 août 1971.
Bel affranchissement composé d'une Marianne de Béquet, d'une Marianne de Cheffer et d'un Blason de Troyes pour une valeur totale de 90c soit 60c pour une carte postale dans le régime international général (tarif du 1er juillet 1971) et 30c pour la première tranche (5g) de surtaxe aérienne pour les lettres et cartes postales à destination d'Israël (ainsi que d'autres pays, comme l'Iran par exemple*; tarif du 12 janvier 1970).
L'expéditeur, qui semblait donc bien informé sur les tarifs, n'a cependant pas pensé à peser sa carte, ce qui est assez compréhensible d'autant que, pour beaucoup de destinations, la surtaxe avion n'était comptée qu'au-delà de 20g.
Mais l'affranchissement avion a fait l'objet d'un contrôle (puce 5 dans un cercle) et le poids a été indiqué en haut à gauche de la carte: 10g!
Or pour Israël le transport sans surtaxe jusqu'à 20g n'existe pas. Il manque donc 30c pour la tranche de 5 à 10g.
Comme le veut la règlementation de l'époque, la taxe est indiquée sous forme d'une fraction 60/90 avec comme numérateur le double de l'insuffisance (2 x 30 = 60c) et comme dénominateur la taxe du premier échelon de poids d'une lettre depuis la France (90c). Cette fraction est à multiplier à l'arrivée par la taxe d'une lettre au départ d'Israël, ce qui n'a d'ailleurs peut-être pas été fait puisqu'il n'y a pas de matérialisation de la taxe.
* actualité oblige!