samedi 9 mai 2026

Une pièce dont les "bourges" ne voudront pas!

 Voici un pli qui ne paie pas de mine: gros éclats d'ouverture côté gauche et timbre à date mal venu.


Pourtant ce pli du service de santé des Armées, recommandé en franchise militaire, de BOURGES pour DIJON en juin 1915, est un exemple fort peu courant d'utilisation d'une étiquette de bordereau 512 quater

Pour en savoir plus sur les bordereaux 512 (ter ou quater):

Blog-philatélie et marcophilie: Bordereau 512 (ter ou quater)

samedi 4 avril 2026

Mystère à Bonifacio!

 J'ai récemment trouvé cet intrigant timbre à date:



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Sa particularité saute aux yeux: les indications de la couronne ne sont pas centrées (BONIFACIO           / CORSE). J'aurais immédiatement tendance à exclure la possibilité qu'il ait été fabriqué avec ce défaut.
On pense alors à une indication qui aura été limée par la suite. 
Cette dernière devait être assez courte. La première idée qui m'est venue est qu'il s'agit du mot GARE
Paradoxalement, ce qui me conforte dans cette idée, c'est qu'aucun timbre à date BONIFACIO-GARE n'est connu.
Et cela s'explique aisément puisque le chemin de fer n'est jamais arrivé à Bonifacio! Mais le projet existait depuis 1861 au moins (proposition de l'ingénieur en chef Tourneux) et a toujours été d'actualité jusqu'à ce que la ligne de la côte orientale soit bombardée par les Allemands en 1943.
Le dernier tronçon mis en service est celui de SOLENZARA à PORTO-VECCHIO, achevé en septembre 1935. C'est sans doute la guerre qui empêchera la réalisation de la dernière section jusqu'à Bonifacio.

Sachant cela, mon hypothèse (osée, je le reconnais) est qu'on a voulu doter la gare en bout de ligne d'un timbre à date et qu'on a commis l'erreur de croire que celle-ci allait jusqu'à Bonifacio. D'ailleurs, on ne connaît pas de timbre à date PORTO-VECCHIO-GARE.
Sur place, on se rend immédiatement compte de la méprise et on décide de limer le timbre à date pour pouvoir l'utiliser quand même.

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Seconde hypothèse, soufflée par mon éminent camarade DOUDAD que je remercie:

Il a existé un bureau radiomaritime BONIFACIO-RADIO :


Il fut ouvert en 1920 et fermé en 1934:





Pour l'anecdote:


 

Alors, pourquoi pas un timbre à date BONIFACIO-RADIO, ou plutôt BONIFACIO T.S.F. récupéré pour le service postal!
C'est l'idée qui finalement me séduit le plus.


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Pour comparaison, voici le TAD type A4 "normal":


Je l'ai observé au moins jusqu'en 1939, puis à partir de 1946.

J'ai vu le TAD type A4 "décentré", en plus de la pièce présentée plus haut (1942), en 1944 et 1945. Mais cela ne fait que quelques jours que je m'y intéresse! 









jeudi 5 mars 2026

Une carte postale en surpoids!

 On voit souvent des indications de poids sur les lettres, et des affranchissements ou des taxes en conséquence. C'est bien normal puisque le tarif des lettres varie selon des échelons de poids. Il en est de même pour les imprimés, les échantillons, etc.

Par contre, voir une carte postale pesée et taxée pour un excès de poids, c'est nettement plus rare me semble-t-il. 

En voici un exemple:



Carte postale par avion de Toulon pour Israël, du 31 août 1971.

Bel affranchissement composé d'une Marianne de Béquet, d'une Marianne de Cheffer et d'un Blason de Troyes pour une valeur totale de 90c soit 60c pour une carte postale dans le régime international général et 30c pour la première tranche (5g) de surtaxe aérienne pour les lettres et cartes postales à destination d'Israël (ainsi que d'autres pays, comme l'Iran par exemple*), en application des tarifs du 1er août 1971:









L'expéditeur, qui semblait donc bien informé sur les tarifs, n'a cependant pas pensé à peser sa carte, ce qui est assez compréhensible d'autant que, pour beaucoup de destinations, la surtaxe avion n'était comptée qu'au-delà de 20g.

Mais l'affranchissement avion a fait l'objet d'un contrôle (puce 5 dans un cercle) et le poids a été indiqué en haut à gauche de la carte: 10g!
Plus exactement, c'est la limite supérieure de la tranche de poids qui est inscrite comme cela se faisait au 19e siècle (La carte pèse 6g)!
Or pour Israël le transport sans surtaxe jusqu'à 20g n'existe pas. Il manque donc 30c pour la tranche de 5 à 10g. 

Comme le veut la règlementation de l'époque, la taxe est indiquée sous forme d'une fraction 60/90 avec comme numérateur le double de l'insuffisance (2 x 30 = 60c) et comme dénominateur la taxe du premier échelon de poids d'une lettre depuis la France (90c). Cette fraction est à multiplier à l'arrivée par la taxe d'une lettre au départ d'Israël, ce qui n'a d'ailleurs peut-être pas été fait puisqu'il n'y a pas de matérialisation de la taxe.

Un grand merci à Laurent B. qui m'a aidé à ne pas dire trop de bêtises :-)



* actualité oblige!