jeudi 24 mars 2016

Encore les bordereaux 512 ter ... et des tarifs postaux paradoxaux!

Voici une paire de lettres comme je les aime:


Ces 2 rescapés d'un envoi groupé de recommandés, partis de MENTON le 14 décembre 1920, ont été enregistrés sur un bordereau 512 ter puis en bloc, sous le numéro 411, sur le registre 510.

La circulaire n° 1149 du 17 juillet 1918 rend obsolètes ces bordereaux mais ils seront utilisés jusqu'à épuisement des stocks tout au long des années 20...


On remarquera que ces 2 lettres presque jumelles diffèrent néanmoins par le montant de leur affranchissement.

Rien d'étonnant puisque l'une est adressée à Marseille et l'autre à Bruxelles en Belgique...

Et pourtant, paradoxalement, c'est celle qui reste en France qui est affranchie à 60c et celle pour l'étranger à 50c seulement!

Effectivement, pendant exactement 1 an, du 1er avril 1920 au 31 mars 1921, la lettre recommandée pour l'étranger coûte moins cher que la même lettre dans le régime intérieur!

 
Plus fort! dans la même période, une carte postale ordinaire partant de la rue Drouot à Paris aurait coûté deux fois plus cher si elle était adressée à Saint-Ouen que si elle était à destination de la Chine!

Il existe d'autres exemples de ces paradoxes tarifaires...

mardi 15 mars 2016

DAGUIN sur timbre-taxe, record à battre.

J'ai déjà présenté des oblitérations Daguin sur taxes:

http://marcorse.blogspot.fr/2012/06/obliterations-mecaniques-sur-chiffres.html

Les exemples ne sont pas très courants; pourtant la pratique remonte loin... à Lyon en tout cas!

En jumelé: 23 MARS 1885



En solo: 30 JANVIER 1885



Qui dit mieux?
Ce serait sympa de trouver un exemple en 1884, première année d'utilisation de la machine...

dimanche 13 mars 2016

Une pièce pour amateur du chiffre-taxe 15c vert-jaune type Duval ???

Voici un sympathique avis de non-livraison d'un colis postal:



L'avis est envoyé par le chef de gare de CHALON s/ SAONE à l'expéditeur du colis pour l'informer que celui-ci n'a pu être distribué car le nom sur le colis n'était pas le même que celui indiqué sur la feuille postale.


L'expéditeur a dû s'acquitter du montant de la simple taxe de 25c quand il a reçu l'avis, puis il l'a affranchi (encore 25c) pour le renvoyer avec ses instructions au chef de gare: il demande que le colis lui soit retourné.

 
 
 

Quand l'avis est arrivé à Paris, la taxe simple a été matérialisée une première fois (10c + 15c)... mais l'avis n'a pas été distribué:
le chef de gare  a indiqué à tort  rue de la Messagerie .
(Il existe bien une rue des Messageries dans le 16ème arrondissement)

L'adresse est rectifiée à la R.P. :
 quai de la Mégisserie (Paris 1er)
et la taxe à nouveau matérialisée: 20c + 5c.


Pour en revenir à la question du titre:

Une pièce pour amateur du chiffre-taxe 15c
vert-jaune type Duval ???

No comment!

dimanche 14 février 2016

3 heures qui font toute la différence...

Voici une carte au premier abord des plus banales, mais qui mérite qu'on s'y intéresse de plus près:


Carte postale de Corse et oblitération de Toulon...

Il était à cette époque possible de déposer son courrier dans la boîte mobile des vapeurs en partance, mais, d'un autre côté, un voyageur pouvait très bien avoir acheté une carte en Corse et l'avoir postée seulement en arrivant sur le Continent.

C'est la Cie FRAISSINET qui assurait les services maritimes postaux entre Corse et Continent; voici les horaires d'été pour 1926:


Il y avait un départ de Nice le mardi à 21h30; arrivée à Ile-Rousse le mercredi à 6h44 après 9h14 de traversée de nuit. Le vapeur repartait à 12h00 pour Calvi où il arrivait à 12h57. Il en repartait à 19h00 et arrivait à Toulon le jeudi à 7h06 après 12h06 de traversée.

Notre carte est entrée dans le service postal à Toulon le jeudi à 9h00.
L'expéditeur écrit sa carte le mercredi:


"J'ai débarqué après 9 heures de traversée..."
 
 
La carte a donc bien été écrite et postée en Corse, puis mise à la boîte du vapeur.
 
On remarquera l'affranchissement superfétatoire:
40c (tarif de la lettre simple) au lieu des 30c de la carte postale ordinaire. On peut supposer que l'expéditeur tenait à ce que son courrier parte avec le vapeur et qu'il n'avait que ce timbre à disposition...

vendredi 5 février 2016

Pas pour le secteur postal... Rebut?

Lettre en franchise militaire de Paris, en 1915...


Griffe "PAS POUR LE SECTEUR POSTAL N°67"
 mention manuscrite "Inconnu" (Quartier Général de la Division)

Alors, REBUT?

                    No comment!

jeudi 4 février 2016

Daguin en arrivée-distribution (mise à jour).

Nouvelle découverte en la matière, SARLAT, présentée sur l'excellent forum indépendant des collectionneurs:

http://collections.conceptbb.com/t14011-sarlat-arrivee-distri



... confirmée par 2 autres pièces.



Liste des 15 "arrivées-distributions" connues:
 

ALAIS, BAR-LE-DUC, BAYEUX, BORDEAUX, CAEN, CHARBONNIERES-LES-BAINS, CHOISY-LE-ROI, NANTUA, NEUILLY S/ SEINE, NEUVILLE/SAONE, NIMES, ROUBAIX, SAINT-LO, SARLAT, VILLEURBANNE.

mardi 2 février 2016

Chiffre-taxe type Duval (Banderole): première date connue!

 Première date d'utilisation d'un chiffre-taxe au type Duval:

1er MAI 1875, sur 1F marron!


Une occasion qu'il ne faux pas laisser passer?
 

samedi 23 janvier 2016

Une particularité de la sous-commission de contrôle postal de Châlons-sur-Marne?

Le 27 mars 1917, la Section de renseignements aux armées décide de réserver les numéros 1 à 10 au contrôle des correspondances de militaires; toutes les CCP recevront ces numéros et devront les utiliser tous au cours de chaque journée, afin qu'il devienne impossible pour l'ennemi de reconstituer l'ordre de bataille.

Le temps de les recevoir, une mesure provisoire a consisté à gratter les numéros en service et à inscrire les numéros à la main "en s'efforçant de faire varier l'écriture."

On trouve ainsi, jusqu'à la fin avril, des cachets ovales "Contrôlé par l'autorité militaire" avec numéro 1 à 10 manuscrit sur des correspondances militaires...

Ceci étant rappelé, voici deux lettres qui montrent une pratique similaire pour du courrier civil!




Ces 2 lettres sont partie de la Marne, le 1er avril et le 8 mai 1917. Parmi les numéros affectés à cette époque aux officiers de la sous-commission  de contrôle postal de Châlons s/ Marne, on trouve les numéros 54 et 68.

On peut donc envisager une interprétation très particulière de l'instruction de mars 1917 par cette sous-commission...

Source:
"Le contrôle postal et télégraphique français pendant la première guerre mondiale" (J. Bourguignat, 2010)

mardi 5 janvier 2016

Tête de Maure, quand les blasons de la Corse et de Moret-sur-Loing se retrouvent...

  Le 10c Blason corse a souvent été utilisé pour enjoliver des souvenirs philatéliques par les clubs de l'Ile de Beauté... en dépit de toute vraisemblance tarifaire d'ailleurs!

Mais pourquoi l'aéro-club de la vallée du Loing, en Seine-et-Marne, a-t-il fait de même en 1947?

 
 
Carte éditée à l'occasion de la quinzaine aéronautique de Moret s/ Loing, du 4 au 25 mai 1947.
Affranchissement: 
3F50 Marianne de Gandon (timbre pour la carte postale ordinaire dans le tarif du 1er mars 1947) + 10c superfétatoires... pour une carte qui, de toute façon, n'est jamais entrée dans le circuit postal!
 

Eh bien, simplement parce que, en France, la Corse n'a pas l'apanage de la tête de Maure, emblème des rois d'Aragon, comme le montre le blason de MORET-SUR-LOING sur la carte.

Un compatriote a recensé d'autres exemples:

http://traculinu.e-monsite.com/pages/patrimoine/l-enigme-de-la-tete-de-maure.html

et la liste n'est peut-être pas exhaustive...

                                                                          Merci Dado ;-)

mardi 24 novembre 2015

Timbre à date de correspondance d'armée monté sur machine DAGUIN!

Voici une pièce exceptionnelle et, sauf erreur, inédite!


Timbre à date de Saigon, Correspondance d'armée,
monté en solo sur machine Daguin en 1896.
 
 
Cette lettre est actuellement en vente sur Delcampe... mais le prix est dissuasif pour moi (environ 380 euros + les frais!).

dimanche 18 octobre 2015

Une étiquette de recommandé atypique (R.A.U. de PARIS-118-D).

Voici un devant d'enveloppe N°1488 de valeurs à recouvrer qui a attiré mon attention.

L'escamotage des indications de service sur machine HAVAS n'était pas normale en cas de frappe unique comme ici... Mais il semble que les exemples ne manquent pas.


Mais ce qui m'a le plus étonné, c'est l'étiquette de recommandation:


En effet, c'est la première fois que je vois une recette auxiliaire urbaine disposer d'étiquettes avec son nom imprimé!

Cela est sans doute dû au fait qu'elle traitait le courrier de grosses sociétés. Néanmoins, cet usage ne semble pas avoir duré longtemps.

 
 
1927 et 1930: l'indicatif de la RAU est normalement apposé à la main.
 
 
Apparemment, les étiquettes avec nom imprimé ne se rencontrent qu'en 1928-29.


Si vous connaissez d'autres RAU concernées...

jeudi 8 octobre 2015

Contrôle? Non, franchise!

Voici une carte que je vous présente pour le côté anecdotique qui m'a séduit:


Elle a été confiée au convoyeur-ligne de PONTARLIER à DOLE (ou déposée dans une boîte levée par celui-ci) en 1917.

Elle porte la marque violette type "Déesse assise" de la Commission de Contrôle Postal de Pontarlier qui, à cette date, n'était plus utilisée pour indiquer un contrôle par la CCP, remplacée depuis assez longtemps par la marque ovale à numéro "Ouvert par l'autorité militaire"...

La marque sert ici à justifier le droit à la franchise militaire de l'expéditeur: un sergent-fourrier affecté comme lecteur à la commission (à la table 6 du groupe B!).

Son témoignage montre qu'on y était mieux qu'au front!
"Tout me paraît fort bien. Je me plais bien. Le pays est gentil.
2 cinémas pour varier le travail. Temps de travail 8 heures à 11 h 1/2 et 2 h à 5 h 1/2. Ma femme arrive ces jours-ci."
Mais pour une telle affectation, il fallait être intelligent, instruit, discret et... soit trop âgé soit inapte pour servir dans la zone des Armées!

Pour en savoir (beaucoup) plus:
"Le contrôle postal et télégraphique français pendant la première guerre mondiale", J. Bourguignat, Bibliothèque de l'Académie de Philatélie, 2010.

samedi 26 septembre 2015

Timbre à date PARIS R. P. / SECTION MILITAIRE

Voici une lettre émanant d'un prisonnier de guerre allemand à LILLE, avec marque de censure...


... qui a été traitée à la recette principale de PARIS où a été apposé un timbre à date PARIS RP / SECTION MILITAIRE.

Le seul renseignement trouvé quant à ce cachet provient du fascicule écrit par G-P. CUNY & J-C. DELWAULLE, en 1998, sur Les timbres à date manuels de la recette principale de Paris qui nous apprend... qu'on ne sait rien!


Si quelqu'un a la moindre info...

samedi 19 septembre 2015

DAGUIN solo avec mois en chiffres romains

Les timbres à date avec mois en chiffres romains étaient déjà connus sur machine DAGUIN à LYON (en jumelé)...
Voici une utilisation dite solo (reconnaissable à la trace de foulage) à BORDEAUX:



La page sur ces timbres à date a été mise à jour:
http://marcorse.blogspot.fr/p/les-timbres-date-main-avec-mois-en.html

jeudi 2 juillet 2015

Jeu de l'été!

Mes petites énigmes se font rares, je sais...

Mais pour fêter le début des vacances... oups! de MES vacances, je vous propose de répondre à la question suivante:

Quelle est la particularité de cet entier postal?



PS: Il est resté assez longtemps en vente sur Delcampe pour la modique somme d'1,50 euro!

samedi 6 juin 2015

Lettre réexpédiée?... Non, re-expédiée!

Voici une lettre de PARIS (Rue Milton), du 13 mai 1881, adressée au Marquis Giustiniani, aux bons soins de Me Mouchet chez Me Ploix, à Paris, Place de la Bourse, et affranchie comme il se doit à 15c.


La lettre est repostée le lendemain par Me Ploix qui a apposé sa griffe et adressé le courrier au Marquis à Levico, au Tyrol, avec un nouvel affranchissement à 25c (tarif UPU).

Si la lettre avait été réexpédiée, sans sortir du service postal, un simple complément de 10c aurait suffi.



La lettre passe par Trente le 16  :-)  et arrive à Levico le 17. Elle ne peut être distribuée car il n'y a pas d'indication de domicile. De tels courriers adressés à des voyageurs, comme ceux adressés en poste restante, sont conservés environ 3 mois avant d'être retournés avec la mention "Non réclamé" (normalement en français, langue officielle de l'UPU); le préposé austro-hongrois a indiqué en italien "Non domandata".

Article 722 de l'Instruction Générale de 1876, montrant les délais de garde appliqués en France. J'ignore si ils étaient exactement les mêmes pour tous les pays de l'UPU...
 
 
 

Retour à la Recette Principale de PARIS le 22 août (timbre à date de Paris Etranger).
La lettre passe à tort, le 24, par le service des REBUTS/RECLAMATIONS qui appose au verso son timbre à date et, au recto, son timbre
RETOUR/A L'ENVOYEUR/RECLAMATIONS.
 Elle aurait dû être retournée directement au bureau de la Place de la Bourse car elle porte la griffe de l'expéditeur.



Petit détail sur le plan philatélique:
Le 15c bleu du premier affranchissement semble être au sous-type II D état 1 (selon Joany) qui n'est signalé qu'à partir de mi-juin 1881...


Si c'est bien le cas, on gagne un mois sur la 1ère date connue!



Un grand merci à Doudad qui a éclairé ma lanterne sur les aspects réglementaires!

mardi 19 mai 2015

Réponse au jeu du mois.

La réponse a été donnée par Doudad que nous applaudissons tous bien fort!
CLAP! CLAP! CLAP!

La machine à timbrer complète coûtait 124 francs l'unité en 1886.

lundi 18 mai 2015

Jeu du mois!

Le jeu du mois... Une vieille tradition de ce blog qui s'est perdue!
Allez, voici une petite question pour les nostalgiques:


Dans les toutes premières années de mise en service de la célèbre machine Daguin, combien devait débourser un bureau voulant avoir la sienne?



vendredi 15 mai 2015

Cachet provisoire de Cochinchine.

En 1880, les cachets civils de Cochinchine (type A dans la nomenclature de Desrousseaux) étaient très usés... On fit alors localement, à Saigon, des cachets provisoires assez grossiers.

 On les connaît pour au moins 16 des 21 bureaux susceptibles d'en être doté.

Ils sont au type A1 de la nomenclature de Jacques Desrousseaux qui considère que, sur lettre, ces cachets sont encore plus rares que les losanges CCN à numéro! 
 




Voici une de ces rares lettres:


Lettre avec cachet provisoire local de BIEN-HOA, 1885.

samedi 4 avril 2015

Destinataire inconnu... Expéditeur également!

Voici une carte postale de Fonds Lahaye qui n'a rien à voir avec la fondation d'un célèbre chanteur...



Elle m'intriguait pour deux raisons: le tarif et la marque linéaire.

Pour le tarif, je regrettais de ne rien trouver dans ma documentation concernant les surtaxes aériennes modernes au départ des DOM-TOM, afin d'expliquer les 80c de l'affranchissement en août 1969, au moyen d'une paire de 40c Marianne de Cheffer pour cette carte postale de FORT-DE-FRANCE pour l'Italie...


J'ai trouvé des éléments de réponse satisfaisant ma curiosité dans l'annexe sur les tarifs postaux de l'excellent site sur les barres phosphorescentes:

http://www.timbres-barres-phosphorescentes.fr/


Le tarif de base qui s'applique est celui au départ de France métropolitaine, soit 30c pour une carte postale de France pour l'Italie. La surtaxe aérienne au départ de la Martinique vers l'Italie ("Autres pays") est de 50c *, ce qui correspond bien aux 80c de l'affranchissement.

Pour la griffe linéaire DESTINATAIRE INCONNU, c'est une recherche sur Delcampe qui me permet de répondre:

Logiquement, c'est en Italie qu'on constate un problème d'adresse... Mais les marques postales sont en italien (même si le français est la langue officielle de l'UPU):
SCONOSCIUTO DAL PORTALETTERE ou équivalent...

Il semble pourtant que la griffe soit bien italienne et réservée aux nombreux retour vers la France, comme le montre cet exemple parmi d'autres:



Cette marque postale semble d'ailleurs assez ancienne!



La carte est donc revenue à Fort-de-France... où l'on a dû se rendre à l'évidence: l'expéditeur est au moins aussi mystérieux que le destinataire!

*: Le site présente les surtaxes aériennes à partir de janvier 1970, mais on est en droit de penser que cette surtaxe de 50c, qui a perduré jusqu'en 1978, pouvait fort bien exister courant 1969.