Comment une lettre du Corps expéditionnaire de Chine embarquée à Shanghai sur l'INDUS pourra-t-elle arriver à Perpignan le 25 février 1901, alors que ce même paquebot n'atteindra Marseille que le 2 mars?
C'est à proprement parler un tour de passe-passe qui a permis cette prouesse... ou plus exactement un transbordement à l'escale de Colombo, le 10 février, sur le POLYNESIEN allant de Nouvelle-Calédonie vers Marseille où il arrivera le 24 février!
Ce blog a été créé le 23 septembre 2010 afin de partager avec vous ma passion pour l'histoire postale.
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samedi 30 septembre 2017
samedi 28 janvier 2017
Lettre en FM d'un engagé corse en novembre 1943.
Voici une lettre qui ne paie pas de mine (encore une!)... de celles que sait dénicher un jeune amateur au budget limité.
(Moi il y a longtemps... pour la jeunesse! Moi encore et toujours pour le budget!)
La lettre est en franchise militaire, avec timbre à date Poste aux Armées du 12 novembre 1943, à destination de Sisco dans le Cap corse.
Elle a été écrite à Ajaccio la veille par un engagé attendant son départ pour Alger...
Elle est passée par une commission de contrôle postal, vraisemblablement à Ajaccio bien que, curieusement, le cachet ovale permettant d'identifier la commission n'a pas été apposé...
On trouve par contre au dos la marque du lecteur AL (type a*) et la bande de fermeture (type 8.1*).
Voici la seule partie du texte qui a été censurée:
Il s'agit de la date de son possible embarquement pour Alger.
Aujourd'hui, on peut la révéler: lundi 15 novembre 1943!
* = Nomenclature établie par Jean Specht.
(Moi il y a longtemps... pour la jeunesse! Moi encore et toujours pour le budget!)
La lettre est en franchise militaire, avec timbre à date Poste aux Armées du 12 novembre 1943, à destination de Sisco dans le Cap corse.
Elle a été écrite à Ajaccio la veille par un engagé attendant son départ pour Alger...
Elle est passée par une commission de contrôle postal, vraisemblablement à Ajaccio bien que, curieusement, le cachet ovale permettant d'identifier la commission n'a pas été apposé...
On trouve par contre au dos la marque du lecteur AL (type a*) et la bande de fermeture (type 8.1*).
Voici la seule partie du texte qui a été censurée:
Il s'agit de la date de son possible embarquement pour Alger.
Aujourd'hui, on peut la révéler: lundi 15 novembre 1943!
* = Nomenclature établie par Jean Specht.
vendredi 5 février 2016
Pas pour le secteur postal... Rebut?
Lettre en franchise militaire de Paris, en 1915...
Alors, REBUT?
No comment!
Griffe "PAS POUR LE SECTEUR POSTAL N°67"
mention manuscrite "Inconnu" (Quartier Général de la Division)
Alors, REBUT?
No comment!
jeudi 8 octobre 2015
Contrôle? Non, franchise!
Voici une carte que je vous présente pour le côté anecdotique qui m'a séduit:
Elle a été confiée au convoyeur-ligne de PONTARLIER à DOLE (ou déposée dans une boîte levée par celui-ci) en 1917.
Elle porte la marque violette type "Déesse assise" de la Commission de Contrôle Postal de Pontarlier qui, à cette date, n'était plus utilisée pour indiquer un contrôle par la CCP, remplacée depuis assez longtemps par la marque ovale à numéro "Ouvert par l'autorité militaire"...
La marque sert ici à justifier le droit à la franchise militaire de l'expéditeur: un sergent-fourrier affecté comme lecteur à la commission (à la table 6 du groupe B!).
Son témoignage montre qu'on y était mieux qu'au front!
"Tout me paraît fort bien. Je me plais bien. Le pays est gentil.
2 cinémas pour varier le travail. Temps de travail 8 heures à 11 h 1/2 et 2 h à 5 h 1/2. Ma femme arrive ces jours-ci."
Mais pour une telle affectation, il fallait être intelligent, instruit, discret et... soit trop âgé soit inapte pour servir dans la zone des Armées!
Pour en savoir (beaucoup) plus:
"Le contrôle postal et télégraphique français pendant la première guerre mondiale", J. Bourguignat, Bibliothèque de l'Académie de Philatélie, 2010.
Elle a été confiée au convoyeur-ligne de PONTARLIER à DOLE (ou déposée dans une boîte levée par celui-ci) en 1917.
Elle porte la marque violette type "Déesse assise" de la Commission de Contrôle Postal de Pontarlier qui, à cette date, n'était plus utilisée pour indiquer un contrôle par la CCP, remplacée depuis assez longtemps par la marque ovale à numéro "Ouvert par l'autorité militaire"...
La marque sert ici à justifier le droit à la franchise militaire de l'expéditeur: un sergent-fourrier affecté comme lecteur à la commission (à la table 6 du groupe B!).
Son témoignage montre qu'on y était mieux qu'au front!
"Tout me paraît fort bien. Je me plais bien. Le pays est gentil.
2 cinémas pour varier le travail. Temps de travail 8 heures à 11 h 1/2 et 2 h à 5 h 1/2. Ma femme arrive ces jours-ci."
Mais pour une telle affectation, il fallait être intelligent, instruit, discret et... soit trop âgé soit inapte pour servir dans la zone des Armées!
Pour en savoir (beaucoup) plus:
"Le contrôle postal et télégraphique français pendant la première guerre mondiale", J. Bourguignat, Bibliothèque de l'Académie de Philatélie, 2010.
dimanche 18 janvier 2015
Taxe simple spécifique à l'Alsace-Lorraine.
Voici 2 plis affectés de la même taxe à 25 centimes... à 40 ans d'intervalle, au mois près!
Courriers d'un juge à un avocat, en Alsace-Lorraine, non affranchis.
Ces envois bénéficiaient de la simple taxe, par analogie avec celle existant en France depuis 1889... mais qui, elle, ne concernait pas de tels courriers!
Courriers d'un juge à un avocat, en Alsace-Lorraine, non affranchis.
Ces envois bénéficiaient de la simple taxe, par analogie avec celle existant en France depuis 1889... mais qui, elle, ne concernait pas de tels courriers!
samedi 27 septembre 2014
Les voies du service postal sont impénétrables.
Ce devant de lettre en franchise militaire, expédiée du PARC ANNEXE D'ARTILLERIE D'AJACCIO à destination de Paris, en 1917, porte la mention manuscrite URGENT.
Et c'est ce qui m'intrigue!
Quel intérêt y avait-il à remettre ce pli au convoyeur de la ligne ferroviaire Ajaccio-Corte? Pouvait-on espérer un gain de temps par rapport à une mise en dépêche au bureau d'Ajaccio? S'agissait-il de profiter d'un départ de bateau de Bastia ou de Balagne? Ou bien le parc annexe était-il simplement près de la gare et le vaguemestre y a-t-il vu là une simple commodité?...
Comme quoi, le pli le plus banal peut être source de questionnement... et de frustration!
Merci Dado.
Et c'est ce qui m'intrigue!
Quel intérêt y avait-il à remettre ce pli au convoyeur de la ligne ferroviaire Ajaccio-Corte? Pouvait-on espérer un gain de temps par rapport à une mise en dépêche au bureau d'Ajaccio? S'agissait-il de profiter d'un départ de bateau de Bastia ou de Balagne? Ou bien le parc annexe était-il simplement près de la gare et le vaguemestre y a-t-il vu là une simple commodité?...
Comme quoi, le pli le plus banal peut être source de questionnement... et de frustration!
Merci Dado.
dimanche 11 mai 2014
Deux cartes postales de BERGUENT...
C'est LYAUTEY qui est à l'origine de la ville de BERGUENT, dans le cadre de la pacification de la frontière algéro-marocaine, au début du XXème siècle. Son idée était que des interventions militaires ponctuelles étaient inefficaces et qu'il fallait attirer et fixer les populations. Cela avait marché à Madagascar...
Un bureau de poste devient vite une nécessité et une recette est donc ouverte en 1907:
Celle-ci, bien qu'en territoire marocain, était administrativement algérienne et rattachée à EL-ARICHA (ORAN):
Cette situation remarquable prendra fin en 1911:
Cette vue montre le bureau de poste (à droite?):
Voici une première carte postale postée à BERGUENT en 1908 avec le cachet bien connu BERGUENT / ORAN:
Et une seconde, plus intéressante à mon sens, car déposée dans la boîte mobile du courrier reliant Berguent à El-Aricha:
Au passage, je me demande pourquoi cette carte, en franchise militaire, du même expéditeur et pour le même destinataire, a fait l'objet d'une demande de taxation (taxe non perçue au demeurant).
Peut-être parce qu'elle a justement été déposée dans la boîte mobile plutôt qu'au bureau?...
Concernant le transport de courrier entre les 2 localités, il se faisait sur une très bonne piste, longue de 72 km, avec deux
redirs-citernes pour que les voyageurs puissent boire.
Le service de voitures se faisait trois fois par semaine.
(Source: séance du 7 avril 1908 des Délégations Financières du Gouvernement Général de l'Algérie)
Un bureau de poste devient vite une nécessité et une recette est donc ouverte en 1907:
Celle-ci, bien qu'en territoire marocain, était administrativement algérienne et rattachée à EL-ARICHA (ORAN):
Cette situation remarquable prendra fin en 1911:
Cette vue montre le bureau de poste (à droite?):
Voici une première carte postale postée à BERGUENT en 1908 avec le cachet bien connu BERGUENT / ORAN:
Et une seconde, plus intéressante à mon sens, car déposée dans la boîte mobile du courrier reliant Berguent à El-Aricha:
Au passage, je me demande pourquoi cette carte, en franchise militaire, du même expéditeur et pour le même destinataire, a fait l'objet d'une demande de taxation (taxe non perçue au demeurant).
Peut-être parce qu'elle a justement été déposée dans la boîte mobile plutôt qu'au bureau?...
Concernant le transport de courrier entre les 2 localités, il se faisait sur une très bonne piste, longue de 72 km, avec deux
redirs-citernes pour que les voyageurs puissent boire.
Le service de voitures se faisait trois fois par semaine.
(Source: séance du 7 avril 1908 des Délégations Financières du Gouvernement Général de l'Algérie)
samedi 5 avril 2014
Lettres enregistrées sur bordereau 512 quater
Je vous ai déjà parlé de celles enregistrées sur bordereau 512 ter:
http://marcorse.blogspot.fr/2013/05/lettres-enregistrees-sur-bordereau-n.html
http://marcorse.blogspot.fr/2014/01/enregistrement-de-plus-de-10-lettres.html
Les lettres enregistrées sur bordereau 512 quater, c'est-à-dire selon la même procédure mais pour des objets à prix réduit ou des plis en franchise, sont très rares.
D'où ma satisfaction en trouvant celle-ci:
http://marcorse.blogspot.fr/2013/05/lettres-enregistrees-sur-bordereau-n.html
http://marcorse.blogspot.fr/2014/01/enregistrement-de-plus-de-10-lettres.html
Les lettres enregistrées sur bordereau 512 quater, c'est-à-dire selon la même procédure mais pour des objets à prix réduit ou des plis en franchise, sont très rares.
D'où ma satisfaction en trouvant celle-ci:
Pli en franchise militaire de CASABLANCA, du 2 mars 1917, pour Dar Caïd Ito
(au verso, cachet TRESOR ET POSTES AUX ARMEES / MEKNES du 4 mars)
Enregistrement au bordereau ( -5 imprimé) et au registre (892 manuscrit).
dimanche 16 février 2014
Drôle de guerre!
Cette carte postale est un vibrant témoignage sur le début de la seconde guerre mondiale:
Elle est écrite par un quartier maître timonier affecté au sémaphore de la Pointe du Grouin, en Ille-et-Vilaine, le 17 octobre 1939:
Elle porte le timbre à date du sémaphore qui justifie, avec l'indication manuscrite de la qualité de l'expéditeur, le droit à la franchise militaire (FM).
Il y a également le timbre à date du bureau de poste de Cancale pour indiquer l'entrée dans le service postal.
Le texte peut traumatiser les âmes sensibles:
"Au bruit des flots, je pense à vous et je déguste en compagnie d'Alberte une bonne bouteille avec les huîtres du pays."
Elle est écrite par un quartier maître timonier affecté au sémaphore de la Pointe du Grouin, en Ille-et-Vilaine, le 17 octobre 1939:
Elle porte le timbre à date du sémaphore qui justifie, avec l'indication manuscrite de la qualité de l'expéditeur, le droit à la franchise militaire (FM).
Il y a également le timbre à date du bureau de poste de Cancale pour indiquer l'entrée dans le service postal.
Le texte peut traumatiser les âmes sensibles:
"Au bruit des flots, je pense à vous et je déguste en compagnie d'Alberte une bonne bouteille avec les huîtres du pays."
vendredi 13 septembre 2013
TAXES SIMPLES... D'ARGENTINE!
Voici 2 lettres de BUENOS-AYRES, émanant du Consulat et de la Légation de France, qui ont bénéficié à l'arrivée de la TAXE SIMPLE selon la loi du 29 mars 1889:
On peut s'étonner par ailleurs, surtout pour la seconde pièce, que l'on ait appliqué le tarif intérieur à des courriers venant de l'étranger!
Jack BLANC, grand spécialiste des chiffres-taxe, m'avait expliqué il y a quelques années que:
"Les lettres émanant des ambassades ou consulats à l'étranger étaient taxées de différentes façons:
1- soit comme lettres UPU non affranchies, à 50c,
2- soit comme lettres UPU en taxe simple, à 25c,
3- soit comme lettres du régime intérieur non affr., à 30c,
4- soit comme lettres du régime intérieur en taxe simple, à 15c."
Les 2 pièces présentées sont donc dans le dernier cas de figure, a priori le plus intéressant pour le destinataire... Pas tout à fait! Il y a encore mieux, comme l'illustre l'exemple suivant:
Lettre transportée en France par valise diplomatique jusqu'au ministère des Affaires Etrangères dont le contreseing est apposé, pour justifier la taxe simple, avant traitement par PARIS-31.
(Tarif du 1/5/1878 au 15/4/1906: lettre simple à 15c.)
Lettre mise à la boîte du paquebot "Cordillère" (ou confiée à l'agent embarqué)!
Ce pli (fermé) ne porte de fait aucun contreseing justifiant une taxe simple et, à mon sens, il aurait dû être taxé au double de l'insuffisance...
On peut s'étonner par ailleurs, surtout pour la seconde pièce, que l'on ait appliqué le tarif intérieur à des courriers venant de l'étranger!
Jack BLANC, grand spécialiste des chiffres-taxe, m'avait expliqué il y a quelques années que:
"Les lettres émanant des ambassades ou consulats à l'étranger étaient taxées de différentes façons:
1- soit comme lettres UPU non affranchies, à 50c,
2- soit comme lettres UPU en taxe simple, à 25c,
3- soit comme lettres du régime intérieur non affr., à 30c,
4- soit comme lettres du régime intérieur en taxe simple, à 15c."
Les 2 pièces présentées sont donc dans le dernier cas de figure, a priori le plus intéressant pour le destinataire... Pas tout à fait! Il y a encore mieux, comme l'illustre l'exemple suivant:
Lettre provenant du Consulat de Florence, en Italie.
Transportée par valise diplomatique comme celle du Consulat de Buenos-Ayres, elle bénéficie carrément de la franchise postale! (Difficile de faire mieux!) En fait, l'enveloppe n'était pas fermée et son contenu justifiait vraisemblablement le droit à la franchise...
dimanche 3 mars 2013
TEBOURSOUK, un timbre à date non signalé...
Dans son étude sur l'histoire postale de la Tunisie, Jean MORAT explique que des cachets ont été fabriqués sur place et attribués à quelques rares bureaux de recette; ils se reconnaissent à leur cercle intérieur continu. Dans sa classification, ceux avec la mention REGENCE DE TUNIS sont au type R4R et ceux avec TUNISIE sont au type R4.
Sont connus au type R4R:
Bizerte, Depienne, Gafour, Sidi Bou Saïd et Souk El Khemis.
Sont connus au type R4:
Djelida, Khanguet El Hadjaj, Djerba, Medenine, Sfax et Tadjerouine.
Voici un cachet au type R4R de TEBOURSOUK sur 10c Semeuse surchargé FM (franchise militaire), qui porte à 6 le nombre de localités connues:
Sont connus au type R4R:
Bizerte, Depienne, Gafour, Sidi Bou Saïd et Souk El Khemis.
Sont connus au type R4:
Djelida, Khanguet El Hadjaj, Djerba, Medenine, Sfax et Tadjerouine.
Voici un cachet au type R4R de TEBOURSOUK sur 10c Semeuse surchargé FM (franchise militaire), qui porte à 6 le nombre de localités connues:
vendredi 1 février 2013
Jeu du mois!
Voici la question du mois:
L'expéditeur de cette lettre, comme ses camarades, avait droit à une dotation mensuelle en timbres de franchise militaire...
Combien de timbres FM ces militaires recevaient-ils chaque mois?
L'expéditeur de cette lettre, comme ses camarades, avait droit à une dotation mensuelle en timbres de franchise militaire...
Combien de timbres FM ces militaires recevaient-ils chaque mois?
mercredi 19 septembre 2012
Franchise militaire pour les Forces Navales Françaises en Extrême-Orient
Cette carte postale a été achetée à Port-Saïd (vue de l'hôpital anglais) et écrite à Penang, Malacca (Malaisie), par un marin embarqué sur un navire de guerre français faisant route vers Bornéo; elle a été remise à Singapour, le 18 mai 1925, au contrôleur postal du paquebot André Breton, reliant Yokohama à Marseille, où il arrivera le 11 juin...
Voici l'extrait d'un article de Jacques Mériaux, spécialiste de l'histoire postale des forces navales françaises, qui permet de comprendre le contexte:
"En 1923, la France et la Grande-Bretagne exigèrent de la Chine le règlement rapide des indemnités consécutives à la guerre des Boxers. Une vive agitation xénophobe agita alors le pays, sur fond de mouvements révolutionnaires qui aboutirent en 1926 à la création d'un gouvernement rouge à Han-Kéou : ce fut le début de la guerre chinoise compliquée par l'agression japonaise.
L'état de délabrement politique de la Chine explique la création par la France des Forces Navales d'Extrême-Orient (F.N.E.O.) pour des raisons bien précises explicitées dans des instructions générales du 6 juin 1925:
1° Montrer le pavillon français dans les pays compris dans la zone d'action.
2° Porter au maximum l'entraînement militaire des bâtiments.
3° Protéger les intérêts français partout où il seraient menacés.
La zone d'action était d'ailleurs définie comme s'étendant "... du détroit de Malacca à la Manche de Tartarie... "
Selon les bulletins mensuels des postes, en 1925, seuls les marins en service dans les unités du Rhin, du Maroc, du Levant et de la Baltique bénéficiaient de la franchise militaire totale.
Les forces navales en Mer de Chine, encore "squelettiques" (selon Jacques Desrousseaux, spécialiste de l'histoire postale française en Extrême-Orient), ne sont pas encore citées...
Il faudra attendre le 24 juin 1927 pour qu'un décret accorde officiellement la franchise aux FNFEO!
Toujours est-il que la carte n'a pas été taxée; l'apposition du cachet administratif "Service à la mer", pour justifier que le navire était bien en opération, a visiblement suffi.
Voici l'extrait d'un article de Jacques Mériaux, spécialiste de l'histoire postale des forces navales françaises, qui permet de comprendre le contexte:
"En 1923, la France et la Grande-Bretagne exigèrent de la Chine le règlement rapide des indemnités consécutives à la guerre des Boxers. Une vive agitation xénophobe agita alors le pays, sur fond de mouvements révolutionnaires qui aboutirent en 1926 à la création d'un gouvernement rouge à Han-Kéou : ce fut le début de la guerre chinoise compliquée par l'agression japonaise.
L'état de délabrement politique de la Chine explique la création par la France des Forces Navales d'Extrême-Orient (F.N.E.O.) pour des raisons bien précises explicitées dans des instructions générales du 6 juin 1925:
1° Montrer le pavillon français dans les pays compris dans la zone d'action.
2° Porter au maximum l'entraînement militaire des bâtiments.
3° Protéger les intérêts français partout où il seraient menacés.
La zone d'action était d'ailleurs définie comme s'étendant "... du détroit de Malacca à la Manche de Tartarie... "
Selon les bulletins mensuels des postes, en 1925, seuls les marins en service dans les unités du Rhin, du Maroc, du Levant et de la Baltique bénéficiaient de la franchise militaire totale.
Les forces navales en Mer de Chine, encore "squelettiques" (selon Jacques Desrousseaux, spécialiste de l'histoire postale française en Extrême-Orient), ne sont pas encore citées...
Il faudra attendre le 24 juin 1927 pour qu'un décret accorde officiellement la franchise aux FNFEO!
Toujours est-il que la carte n'a pas été taxée; l'apposition du cachet administratif "Service à la mer", pour justifier que le navire était bien en opération, a visiblement suffi.
dimanche 18 mars 2012
Carte FM serbe utilisée en France (guerre 14-18)
Le document suivant témoigne des liens très forts qui existèrent entre la France et la Serbie durant la Grande Guerre:
Il s'agit d'une carte serbe de franchise militaire aux drapeaux, utilisée en 1916 à Marseille, très certainement par un militaire, soigné au Centre d'hospitalisation municipal, et adressée à une compatriote réfugiée à Bastia, en Corse.
Tout renseignement complémentaire sera vivement apprécié!
Il s'agit d'une carte serbe de franchise militaire aux drapeaux, utilisée en 1916 à Marseille, très certainement par un militaire, soigné au Centre d'hospitalisation municipal, et adressée à une compatriote réfugiée à Bastia, en Corse.
Tout renseignement complémentaire sera vivement apprécié!
jeudi 1 mars 2012
Grand jeu de mars!
Voici l'énigme du mois:
Par quel tour de passe-passe cette lettre a-t-elle pu arriver à
Perpignan le 25 février?
jeudi 16 février 2012
Capture du Tsar Nicolas II par des marins français!
L'Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914. Le lendemain, le pétrolier allemand Czar Nicolaï II est arraisonné par les marins du torpilleur 330 de la Marine Nationale française, et ramené à Malte le 5 août. Il est incorporé dans notre marine.
Il sera rebaptisé Var en 1921.
Le voici vers 1925, à Toulon:
Et voici le Torpilleur 330:
Et pour parler un peu d'histoire postale, voici une carte écrite par un matelot français affecté sur le navire devenu pétrolier de l'Etat:
Il sera rebaptisé Var en 1921.
Le voici vers 1925, à Toulon:
Et voici le Torpilleur 330:
Et pour parler un peu d'histoire postale, voici une carte écrite par un matelot français affecté sur le navire devenu pétrolier de l'Etat:
La carte postale de Malte est sans aucun doute partie de Méditerranée.
Cachet administratif "Marine Française / Service à la mer" justifiant le droit à la franchise.
Pas de timbrage au départ
(Il peut s'agir d'un simple oubli, d'une volonté de garder le secret quant à la localisation du navire,
ou encore d'un mode de transport particulier du courrier)
Timbre à date PARIS-RP / ETRANGER daté du 2? septembre 1914.
(Il peut s'agir d'un simple oubli, d'une volonté de garder le secret quant à la localisation du navire,
ou encore d'un mode de transport particulier du courrier)
Timbre à date PARIS-RP / ETRANGER daté du 2? septembre 1914.
Désolé pour tous ceux qui, à la lecture du titre de mon message, s'attendaient à un scoop sur l'histoire de la Russie...
mercredi 8 février 2012
1914, MISSION D: mission navale française en Serbie.
"Nous serons en Autriche avant de voir ici les cerises mûrir."
(Edouard Etienne PICOT)
En 1914, la Serbie résiste aux attaques autrichiennes avec un effectif six fois inférieur...
La France enverra plusieurs missions pour aider son alliée.
La première, la MISSION D, est constituée d'une batterie de trois pièces de marine de 140 mm, avec personnel et matériel, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Edouard Etienne PICOT.
La mission (4 officiers, 3 aspirants, 94 marins) quitte Toulon le 20 octobre 1914 sur le vapeur FLANDRE, à destination de Salonique où les matériels sont débarqués puis acheminés par voie ferrée vers la Serbie. Elle arrive à Racovitza, près de Belgrade, le 5 novembre 1914.
La mission D est de retour à Salonique le 16 novembre 1915,
Voici une carte postale expédiée par un des hommes de la mission:
Voici un extrait de "L'aide française en Serbie", article de R. Vaucher pour la revue "L'Illustration" du 29 mai 1915:
Au moment où l'ordre d'évacuer Belgrade fut donné (c'était le 1er décembre), le commandant Picot ordonna à ses hommes d'arroser de projectiles les hauteurs dominant Semlin, où les Autrichiens s'étaient fortifiés. Avec deux pièces, ils réussirent à les retenir pendant quarante-huit heures sur l'autre rive de la Save. Une fois que les dernières munitions furent tirées, les servants, en bon ordre, embarquèrent leurs projectiles et leurs réserves de munitions pour Nisch. Les appareils de visée, les culasses et les consoles des deux pièces, qu'il fallait malheureusement abandonner, furent emportées également. On rendait ainsi les deux canons inutilisables pour les Autrichiens, et l'on courait la chance de retrouver les canons en bon état en cas d'offensive rapide. Il s'en est fallu de peu, en effet, que le 15 décembre, soit treize jours après l'évacuation de Belgrade, nos artilleurs ne retrouvassent leurs pièces dans l'état où elles étaient à leur départ. Une patrouille d'avant-garde de cavalerie serbe fit prisonniers les officiers de génie autrichiens chargés de les faire sauter. Us venaient d'achever leur tâche. Si la patrouille était arrivée une heure plus tôt, les canons français auraient pu bombarder les Austro- Hongrois repassant le Danube pour fuir en Hongrie.
Je suis monté, ce matin, par des chemins aux ornières profondes, se faufilant entre les entonnoirs formés par les obus des 240 et des 305 autrichiens, jusqu'à la colline où se trouvent maintenant les artilleurs français. Dans une ravissante résidence d'été d'un riche Belgradois, cachée dans des arbres en fleurs, au milieu des pommiers et des cerisiers, nos officiers ont établi leur quartier général.
On cause gaiement. Avec une modestie charmante, le commandant Picot, qui est, actuellement, l'homme le plus populaire de Belgrade, m'assure que ses hommes et lui n'ont fait que leur devoir et que la chance les a favorisés. Depuis la reprise de la capitale par les troupes serbes, ils ont, en effet, tiré rarement, mais ce furent des coups de maître.
Les Autrichiens bombardant régulièrement les inoffensifs habitants de Belgrade, l'état-major serbe décida d'autoriser les Français à répondre et à tirer sur Semlin. C'était le soir du 17 février. Dans la grande salle de l'Hôtel de Ville de Semlin, un grand nombre d'officiers autrichiens fêtaient, par un banquet, la victoire sur les Russes en Prusse orientale. Les assistants étaient joyeux. On avait porté un toast à Hindenbourg et aux empereurs alliés, quand soudain un obus tomba en pleine salle de fête. Ce fut une émotion énorme qui se transforma en terreur lorsque, à dix secondes d'intervalle, trois autres obus éclatèrent dans l'édifice, tuant trente-sept officiers supérieurs, dont deux généraux.
Le lendemain un parlementaire arrivait à bord d'un monitor, sur lequel flottait le drapeau blanc, demander aux Serbes de cesser le bombardement de Semlin, assurant que, de leur côté, les Autrichiens ne tireraient plus sur Belgrade.
Les pièces françaises sont fort bien dissimulées, et des tranchées irréprochables permettent d'atteindre les batteries et les soutes à munitions. Des chambres boisées ont été installées à un mètre sous terre.
Dans celle de l'officier, à deux pas de la batterie, complètement invisible et protégée par des terrassements, je vois, avec étonnement, une petite bibliothèque contenant une vieille édition des œuvres de Voltaire.
Le docteur qui accompagne la mission a réussi à arrêter l'épidémie de typhus qui menaçait de faire des ravages parmi les hommes des batteries, et jusqu'à présent personne n'a succombé ni à la maladie, ni sous les nombreux obus ennemis*.
« Nous serons en Autriche avant de voir ici les cerises mûrir », me disait le commandant Picot, en regardant les arbres chargés de fleurs. C'est aussi le désir de tous ses hommes qui ne demandent qu'à traverser la Save le plus tôt possible et à prouver aux Autrichiens ce que vaut la grosse artillerie française.
* : Cette phrase pose un problème, car j'ai trouvé sur le NET des informations qui la contredisent:
(Edouard Etienne PICOT)
En 1914, la Serbie résiste aux attaques autrichiennes avec un effectif six fois inférieur...
La France enverra plusieurs missions pour aider son alliée.
La première, la MISSION D, est constituée d'une batterie de trois pièces de marine de 140 mm, avec personnel et matériel, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Edouard Etienne PICOT.
La mission (4 officiers, 3 aspirants, 94 marins) quitte Toulon le 20 octobre 1914 sur le vapeur FLANDRE, à destination de Salonique où les matériels sont débarqués puis acheminés par voie ferrée vers la Serbie. Elle arrive à Racovitza, près de Belgrade, le 5 novembre 1914.
La mission D est de retour à Salonique le 16 novembre 1915,
Voici une carte postale expédiée par un des hommes de la mission:
Carte écrite le 6 décembre 1914 à Nich, la deuxième ville du pays, où s'était replié le gouvernement serbe. Cachet administratif justifiant le droit à la franchise militaire, du type "ancre de marine", spécifique à la MISSION D. Contreseing du Ministère des Affaires Etrangères et timbre à date de PARIS-44 daté du 1er janvier 1915: la carte est arrivée en France par VALISE DIPLOMATIQUE.
"L'artillerie lourde française traversant Monastir, le 20 novembre, avant d'aller occuper ses nouvelles positions."
(Revue "L'illustration" n°3769 du 29 mai 1915)
(Revue "L'illustration" n°3769 du 29 mai 1915)
Voici un extrait de "L'aide française en Serbie", article de R. Vaucher pour la revue "L'Illustration" du 29 mai 1915:
Au moment où l'ordre d'évacuer Belgrade fut donné (c'était le 1er décembre), le commandant Picot ordonna à ses hommes d'arroser de projectiles les hauteurs dominant Semlin, où les Autrichiens s'étaient fortifiés. Avec deux pièces, ils réussirent à les retenir pendant quarante-huit heures sur l'autre rive de la Save. Une fois que les dernières munitions furent tirées, les servants, en bon ordre, embarquèrent leurs projectiles et leurs réserves de munitions pour Nisch. Les appareils de visée, les culasses et les consoles des deux pièces, qu'il fallait malheureusement abandonner, furent emportées également. On rendait ainsi les deux canons inutilisables pour les Autrichiens, et l'on courait la chance de retrouver les canons en bon état en cas d'offensive rapide. Il s'en est fallu de peu, en effet, que le 15 décembre, soit treize jours après l'évacuation de Belgrade, nos artilleurs ne retrouvassent leurs pièces dans l'état où elles étaient à leur départ. Une patrouille d'avant-garde de cavalerie serbe fit prisonniers les officiers de génie autrichiens chargés de les faire sauter. Us venaient d'achever leur tâche. Si la patrouille était arrivée une heure plus tôt, les canons français auraient pu bombarder les Austro- Hongrois repassant le Danube pour fuir en Hongrie.
Je suis monté, ce matin, par des chemins aux ornières profondes, se faufilant entre les entonnoirs formés par les obus des 240 et des 305 autrichiens, jusqu'à la colline où se trouvent maintenant les artilleurs français. Dans une ravissante résidence d'été d'un riche Belgradois, cachée dans des arbres en fleurs, au milieu des pommiers et des cerisiers, nos officiers ont établi leur quartier général.
On cause gaiement. Avec une modestie charmante, le commandant Picot, qui est, actuellement, l'homme le plus populaire de Belgrade, m'assure que ses hommes et lui n'ont fait que leur devoir et que la chance les a favorisés. Depuis la reprise de la capitale par les troupes serbes, ils ont, en effet, tiré rarement, mais ce furent des coups de maître.
Les Autrichiens bombardant régulièrement les inoffensifs habitants de Belgrade, l'état-major serbe décida d'autoriser les Français à répondre et à tirer sur Semlin. C'était le soir du 17 février. Dans la grande salle de l'Hôtel de Ville de Semlin, un grand nombre d'officiers autrichiens fêtaient, par un banquet, la victoire sur les Russes en Prusse orientale. Les assistants étaient joyeux. On avait porté un toast à Hindenbourg et aux empereurs alliés, quand soudain un obus tomba en pleine salle de fête. Ce fut une émotion énorme qui se transforma en terreur lorsque, à dix secondes d'intervalle, trois autres obus éclatèrent dans l'édifice, tuant trente-sept officiers supérieurs, dont deux généraux.
Le lendemain un parlementaire arrivait à bord d'un monitor, sur lequel flottait le drapeau blanc, demander aux Serbes de cesser le bombardement de Semlin, assurant que, de leur côté, les Autrichiens ne tireraient plus sur Belgrade.
Les pièces françaises sont fort bien dissimulées, et des tranchées irréprochables permettent d'atteindre les batteries et les soutes à munitions. Des chambres boisées ont été installées à un mètre sous terre.
Dans celle de l'officier, à deux pas de la batterie, complètement invisible et protégée par des terrassements, je vois, avec étonnement, une petite bibliothèque contenant une vieille édition des œuvres de Voltaire.
Le docteur qui accompagne la mission a réussi à arrêter l'épidémie de typhus qui menaçait de faire des ravages parmi les hommes des batteries, et jusqu'à présent personne n'a succombé ni à la maladie, ni sous les nombreux obus ennemis*.
« Nous serons en Autriche avant de voir ici les cerises mûrir », me disait le commandant Picot, en regardant les arbres chargés de fleurs. C'est aussi le désir de tous ses hommes qui ne demandent qu'à traverser la Save le plus tôt possible et à prouver aux Autrichiens ce que vaut la grosse artillerie française.
Le premier mort de la mission serait Jean-Marie CASTELLANI, quartier-maître armurier, né à Calacuccia en Corse: il est décédé le 26 janvier 1915, à 23 ans, à l'hôpital militaire de Belgrade, de la fièvre typhoïde!
Félix ETIENNE, second maître mécanicien, est également décédé à l'hôpital militaire de Belgrade deux jours plus tard (affection des reins)...
Autre information demandant à être précisée: l'effectif de la mission!
Il y aurait eu au départ 4 officiers, 3 aspirants et 94 marins, soit un effectif de 101, et, à la fin de la mission, 8 officiers et 97 hommes, soit un effectif de 105... ce qui, à moins d'un renfort, peut surprendre!
SOURCES:
- La marine française à Belgrade en 1915, article de J. Bourguignat dans les Documents Philatéliques (N°198).
- Pages 14-18 Forum, cliquez ici .
- L'aide française en Serbie, article de R. Vaucher dans L'Illustration (N°3769), cliquez ici .
- Site de l'Ambassade de Serbie en France, cliquez ici .
Félix ETIENNE, second maître mécanicien, est également décédé à l'hôpital militaire de Belgrade deux jours plus tard (affection des reins)...
Autre information demandant à être précisée: l'effectif de la mission!
Il y aurait eu au départ 4 officiers, 3 aspirants et 94 marins, soit un effectif de 101, et, à la fin de la mission, 8 officiers et 97 hommes, soit un effectif de 105... ce qui, à moins d'un renfort, peut surprendre!
SOURCES:
- La marine française à Belgrade en 1915, article de J. Bourguignat dans les Documents Philatéliques (N°198).
- Pages 14-18 Forum, cliquez ici .
- L'aide française en Serbie, article de R. Vaucher dans L'Illustration (N°3769), cliquez ici .
- Site de l'Ambassade de Serbie en France, cliquez ici .
dimanche 5 février 2012
1914-1918, courrier des soldats en permission.
Pour bénéficier de la franchise militaire, les soldats devaient confier leur courrier au vaguemestre de leur unité, ou, s'ils étaient en déplacement, à un commissaire de gare ou toute autre personne habilitée à justifier l'envoi en franchise...
Les militaires en permission ne pouvaient pas poster leur courrier dans une boîte puisque, dans ce cas, rien ne justifierait du droit à la franchise.
Ils le faisaient souvent néanmoins... Une griffe Trouvé à la boîte devait alors signaler le fait et l'envoi devait être taxé:
Parfois, il n'était pas perçu de taxe à l'arrivée, sans doute parce que la poste de destination connaissait l'expéditeur et savait qu'il était bien aux armées...
Par contre, les militaires en permission avaient la possibilité de se rendre dans n'importe quel bureau de poste pour déposer leur envoi au guichet en justifiant de leur statut de permissionnaire.
Le préposé prenant le courrier en compte devait alors porter une mention sur l'envoi afin que celui-ci ne soit pas taxé.
En voici deux exemples:
Les militaires en permission ne pouvaient pas poster leur courrier dans une boîte puisque, dans ce cas, rien ne justifierait du droit à la franchise.
Ils le faisaient souvent néanmoins... Une griffe Trouvé à la boîte devait alors signaler le fait et l'envoi devait être taxé:
Parfois, il n'était pas perçu de taxe à l'arrivée, sans doute parce que la poste de destination connaissait l'expéditeur et savait qu'il était bien aux armées...
Par contre, les militaires en permission avaient la possibilité de se rendre dans n'importe quel bureau de poste pour déposer leur envoi au guichet en justifiant de leur statut de permissionnaire.
Le préposé prenant le courrier en compte devait alors porter une mention sur l'envoi afin que celui-ci ne soit pas taxé.
En voici deux exemples:
Carte remise au guichet à MENDE en Lozère, le 26 janvier 1918, par un sapeur du 8ème Génie en permission. Mention remis à MENDE + signature.
Carte remise au guichet à TUNIS, le 14 septembre 1917, par un soldat du 2ème d'aviation de Gabès.
Griffe linéaire Déposé au guichet.
Ainsi, lorsqu'on trouve, et c'est fréquent, un courrier sans mention postale et sans taxe, provenant pourtant d'un permissionnaire, comme celui-ci:
(Carte d'un soldat belge en permission à Dunkerque, en décembre 1918.)
2 possibilités: soit la carte a été mise à la boîte et aurait donc dû être taxée, soit elle a été remise au guichet sans qu'aucune mention ne l'ait précisé... et elle aurait, dans ce cas également, dû être taxée! Elle aura bénéficié d'une tolérance fréquente des postiers préférant laisser le bénéfice du doute à un expéditeur servant certainement la Nation...
Voici pour finir un cas beaucoup plus rare!
Nous sommes ici dans le cas inverse:
La carte a été déposée au guichet à Cherbourg; la griffe REMIS AU GUICHET l'atteste... et pourtant la carte a été taxée, à tort, à Toulouse, comme CP ordinaire non affranchie!
vendredi 3 février 2012
de l'aviso VILLE D'YS...
J'ai acheté la lettre suivante pour 4 euros et elle ne vaut sans doute guère plus, vu son état...
Mon plaisir, en présence de telles pièces, consiste à les décortiquer, c'est-à-dire à essayer de les comprendre sous tous leurs aspects.
Voici donc ce que je peux dire à propos d'un courrier si banal:
L'expéditeur est un marin de l'aviso "Ville d'Ys", mis en service en 1917 et affecté essentiellement à l'assistance à la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve.
Il affranchit gratuitement sa lettre avec un 65c type PAIX surchargé F.M.; le cachet administratif "Marine Française*Service à la mer*" confirme ce droit. La valeur faciale de 65c pourrait surprendre pour une lettre simple en 1939, puisque depuis novembre 1937, le tarif est à 90c! Mais le 90c type PAIX surchargé F.M. ne sera émis qu'en juillet 1939. En fait, un timbre FM est valable indépendamment de sa faciale; le 65c servira d'ailleurs jusqu'en 1941...
La lettre est postée alors que le navire est à Brest. Le timbre est oblitéré du timbre à date du bureau de l'arsenal de Brest. Il s'agit d'une recette de plein exercice au service exclusif des marins stationnés dans le port. Ce bureau, qui avait déjà fonctionné de 1918 à 1921, fut réouvert le 16 avril 1937, pour des manoeuvres navales, et ferma définitivement à la mobilisation, le 2 septembre 1939, remplacé par BREST-NAVAL.
Voici le "Ville d'Ys" au charbonnage, à Saint-Pierre-et-Miquelon:
Devenu "Ville d'Ys II", ce vieil aviso se repliera en 1940 à Fort-de-France en Martinique, où il sera condamné à l'état d'épave en 1947.
Mon plaisir, en présence de telles pièces, consiste à les décortiquer, c'est-à-dire à essayer de les comprendre sous tous leurs aspects.
Voici donc ce que je peux dire à propos d'un courrier si banal:
L'expéditeur est un marin de l'aviso "Ville d'Ys", mis en service en 1917 et affecté essentiellement à l'assistance à la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve.
Il affranchit gratuitement sa lettre avec un 65c type PAIX surchargé F.M.; le cachet administratif "Marine Française*Service à la mer*" confirme ce droit. La valeur faciale de 65c pourrait surprendre pour une lettre simple en 1939, puisque depuis novembre 1937, le tarif est à 90c! Mais le 90c type PAIX surchargé F.M. ne sera émis qu'en juillet 1939. En fait, un timbre FM est valable indépendamment de sa faciale; le 65c servira d'ailleurs jusqu'en 1941...
La lettre est postée alors que le navire est à Brest. Le timbre est oblitéré du timbre à date du bureau de l'arsenal de Brest. Il s'agit d'une recette de plein exercice au service exclusif des marins stationnés dans le port. Ce bureau, qui avait déjà fonctionné de 1918 à 1921, fut réouvert le 16 avril 1937, pour des manoeuvres navales, et ferma définitivement à la mobilisation, le 2 septembre 1939, remplacé par BREST-NAVAL.
Voici le "Ville d'Ys" au charbonnage, à Saint-Pierre-et-Miquelon:
Devenu "Ville d'Ys II", ce vieil aviso se repliera en 1940 à Fort-de-France en Martinique, où il sera condamné à l'état d'épave en 1947.
lundi 3 octobre 2011
Président de la République et affranchissement gratuit.
Suite au dernier jeu du mois, concernant l'affranchissement gratuit du courrier en franchise militaire adressé à l'étranger, Lulu me rappelle que cette pratique se retrouve également pour le courrier de la Présidence de la République, avec la jolie pièce suivante comme illustration:
Lettre de la Présidence, en franchise mais à destination de l'Italie, en 1958:
affranchissement gratuit effectué par PARIS VIII au moyen d'un 20F Marianne de Muller (tarif intérieur du 1er juillet 1957 dont bénéficie l'Italie).
J'y vais aussi de ma petite pièce:
Lettre semblable, en 1972, mais pour la Suisse:
Le tarif est celui du 1er juillet 1971: alors que l'Italie (comme l'Allemagne, la Belgique...) aurait bénéficié du tarif intérieur à 0,50F, et que le tarif général pour l'étranger est de 0,90F, la Suisse se distingue avec son tarif particulier à 0,60F. PARIS 08 est encore à la manoeuvre, avec un timbre de la série touristique de 1971, car il n'y a pas de timbre d'usage courant correspondant à ce tarif.
Et Edouard, spécialiste des CHEFFER, nous propose également sa touche personnelle:
Cette jolie lettre, contenant les voeux d'un général connu,
s'intercale chronologiquement entre les deux précédentes.
(Tarif du 13 janvier 1969: le Luxembourg fait partie des pays bénéficiant du régime intérieur pour les lettres jusqu'à 20g)
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